De Jean Poiret
Mise en scène Jonathan Fox & Daniel Hanssens
Avec Pascal Racan, Frederik Haùgness, Daniel Hanssens, Nicolas Mispelaere, Bruce Ellison, Othmane Moumen, Xavier Hosten, Michel Guillou, Nicole Valberg, Maryse Dinsart, Stéphane Excoffier

 

 

 

 

Après " le dîner de cons ", retrouvez le duo Daniel Hanssens et Pascal Racan dans la plus irrésistible farce de Jean Poiret.

Une mise en scène subtile et (forcément gaie) de Jonathan Fox et Daniel Hanssens



La cage aux folles reste mythique près de 30 ans après sa création par le couple Poiret-Serrault.

Nul besoin de rappeler l'histoire de Georges et Albin, ce couple gay un peu sur le retour qui traverse une crise grave lorsqu'il faut gérer la future belle-famille un peu vieux jeu, du fils de Georges Tout le monde a encore en mémoire la scène des biscottes!

Cette version de la Cage a eu un succès remarquable qui a placé Argan42 dans la cour des grands.


Beulemans à Saint-Tropez
Philip Tirard, La Libre Belgique

Mis en ligne le 17/12/2004


Pari gagné pour Daniel Hanssens aux commandes de «La Cage aux folles».La célébrissime comédie de Poiret traverse avec bonheur les frontières et les âges.


On pouvait nourrir quelque appréhension. Remettre sur la scène une pièce qui a faitl'objet d'un film devenu un tube absolu, avec deux acteurs de la pointure de Michel Serrault et Ugo Tognazzi, c'était risquer la comparaison désobligeante avec «l'original». Mais voilà, le comédien et fantaisiste Jean Poiret a d'abord écrit une pièce pour les acteurs et c'est ce qui fait sa pertinence et sa permanence. Pourvu qu'elle soit livrée avec rigueur et talent, cette oeuvre de boulevard dans le meilleur sens du terme a la qualité d'un classique, fût-il «léger», du XXe siècle.


Or Madame est ici très bien servie. Daniel Hanssens, promu producteur pour l'occasion, propose un divertissement de haut vol. Du brasseur
macho du «Mariage de Mademoiselle Beulemans», il passe à une composition aussi personnelle qu'irrésistible dans le rôle d'Albin, alias Zaza Napoli, star d'un cabaret travesti de Saint-Trop'. On dirait que Poiret a écrit pour lui. Dans ce périlleux exercice où l'acteur est menacé à tout de moment de tomber dans la vulgarité et le cabotinage éhonté, il file avec une grâce d'équilibriste sur la crête des sentiments, tour à tour désopilant et pathétique, affolé et affolant.


Décalage


«La Cage aux folles», ce «Roméo et Juliette chez les travelos», ce « Mademoiselle Beulemans à Saint-Tropez», repose cependant sur un duo. L'autre pôle est assumé avec brio, justesse et subtilité par Pascal Racan, dans le rôle du «mari».

Après «Le Dîner de cons», «Mort sur le Nil», «Tailleur pour dames», « Drôle de couple», «Cuisines et dépendances», etc., le tandem Racan-Hanssens se taille un morceau de choix et de roi.

Leur couple homo diffère à peine des hétéros, mais c'est dans le décalage de ce «à peine» que réside tout le potentiel comique et émotionnel de la pièce. Jonathan Fox, qui signe avec Hanssens la mise en scène, a parfaitement compris cette règle implicite du jeu. Le petit miracle est que le spectateur s'identifie en quelque sorte à l'extravagance.


Prémonitoire


Soignés par l'auteur, les «seconds rôles» ont trouvé des acteurs à leur mesure. Le Jacob de Bruce Ellison, domestique noir très allumé, emporte d'emblée l'adhésion, récoltant à chacune de ses apparitions une «claque» totalement méritée.
La Mercedes de Philippe Vauchel a de la fêlure et une sorte de bouffonnerie surréaliste qui sidère la salle. Les bourgeois bien- pensants campés par Nicole Valberg et Michel Guillou sont plus coincés que nature. Leur douloureuse immersion dans la cage aux folles n'est qu'un juste retour des choses.

Sur le fond, la pièce a quelque chose de prémonitoire. Ecrite avant la gay pride, le sida, le Pacs, elle semble annoncer le fameux estompement
de la norme, l'ouverture à la différence, l'appel à la tolérance. Le spectateur ne peut que prendre fait et cause pour le tourment d'Albin et de Georges, dont l'amour apparaît aussi pur et authentique qu'est floue leur identité sexuelle. On est toujours la «folle» de quelqu'un, nous dit avec un large et complice sourire ce spectacle idéalement calibré pour les fêtes de fin d'année.


Le pari fou s'est mué en douce folie plutôt contagieuse

LAURENT ANCION (LE SOIR)

Sans doute faut-il être un peu barjo pour porter à la scène « La cage aux folles », alors que le duo formé par Michel Serrault et Hugo Tognazzi constitue une référence quasi mythique dans notre imaginaire collectif. Si on est trop impressionné par les références, on ne fait jamais rien, a estimé Daniel Hanssens. Fort de cette conviction, l'acteur s'est improvisé producteur, y est allé de ses propres deniers, a frappé aux portes et a emmené dans son sillage une foule de partenaires. Il avait bien raison : au centre culturel d'Uccle, le pari fou s'est transformé en douce folie. Et elle est plutôt contagieuse - on lira la critique ci-dessous.

Pour Daniel Hanssens, il s'agissait d'abord de trouver un solide partenaire de jeu. La pièce de Jean Poiret, signée au début des années 70, repose en effet sur la complémentarité de deux personnages : Albin, ex-star de cabaret aux nerfs fragiles, et Georges, son compagnon plus masculin au coeur de beurre. Pascal Racan, dont le duo avec Hanssens avait déjà réjoui dans « Le dîner de cons », « Drôle de couple » ou « Mort sur le Nil », a répondu instantanément présent. Il serait Georges et Hanssens serait Albin - ils ne se sont même pas disputés pour trancher. C'est ça l'amitié.

Deux comédiens. C'était un bon début. Pour la suite, Daniel Hanssens a demandé de l'aide et ému tout le monde : On m'a dit « T'es complètement fou », mais tout le monde m'a dit oui ! Le Théâtre des Galeries a donné un coup de main pour le décor, le Théâtre de Namur pour la billetterie, Alain Leempoel (ancien directeur de l'Adac) a donné des conseils pour la production...

Les gens ont réagi à l'impulsion de deux tarés, rit Daniel Hanssens, mais ils ont été séduits par l'aventure ! Même s'il avoue son épuisement, le comédien se dit heureux : C'est notre bonheur, notre plaisir. On a fait tout ça pour donner de la joie aux gens, résume-t-il.

Et en trouver, aussi... Qu'est-ce qui pousse Daniel Hanssens et Pascal Racan à partager si souvent la scène ? Ce que j'apprécie chez Pascal, c'est son écoute et son respect, confie Daniel Hanssens. On a un même rythme de parole et de jeu, un peu comme un couple d'amoureux.

Et Pascal, que dirait-il de Daniel ? On est grands amis dans la vie. Alors, vous pouvez multiplier son avis par deux et vous saurez ce que je pense de lui. D'accord, mais comme Daniel parle toujours le premier... C'est vrai ça, puis tu répètes toujours ce que je dis, boude Daniel. Alors, j'ajouterai que dans des pièces de vaudeville ou de boulevard, on éprouve parfois autant de plaisir à soutenir l'autre dans un effet comique qu'à faire rire soi-même, lance Pascal. J'éprouve cela avec Daniel. Entre autres.

Et ici, l'ombre de Serrault et Tognazzi ne plane-t-elle pas trop ? Cette référence est porteuse. Ils ont leurs personnalités. Mais nous venons avec nos acquis de comédiens de tragédie et de comédie, estime Racan. L'histoire est assez forte pour qu'elle s'écoute, ajoute Hanssens. Notre travail a été de repartir dans l'épaisseur de la pièce et d'en trouver les fils. J'espère que le public pourra aussi se glisser dans le récit. On se défonce au maximum, à tous les niveaux, sans savoir si ça va plaire ou pas. On aura en tout cas été sincères...


La Cage aux Folles par Argan 42 a été jouée de décembre 2004 à avril 2005 à Uccle (20 représentations), Spa, Welkenraedt, Namur, Malmédy, Huy, Libramont; Charleroi, Liège et Tubize

 

 

 

Le programme

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