Argan42 Production
La compagnie du comédien Daniel Hanssens
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Reste qu'on découvre avec bonheur une pièce qui assume quelques différences de scénarios avec le film et ravit par son humour piquant, décapant, noir de noir.
LE SOIR - CATHERINE MAKEREEL
jeudi 17 décembre 2009, 08:47
Entretien Immortalisé par la troupe du Splendid, « Le Père Noël est une ordure » pose sa hotte à Bruxelles. Marie-Anne Chazel se souvient de cette aventure qui a aujourd'hui 30 ans.
Pratique
Jusqu'au 31 décembre au C.C. d'Uccle, 47 rue Rouge, Bruxelles. www.argan42.be
C'est une tradition. Le Kloug roulé sous les aisselles et le gilet-serpillière de Pierre sont devenus aussi incontournables que la dinde et les bûches.
Bref, les fêtes ne seraient pas les fêtes sans un petit Le Père Noël est une ordure à se mater à la télé pour faire passer les orgies de fin d'année. Créé sur la scène du Splendid en 1979, ce Père Noël méchamment drôle s'est fait une place au chaud dans le cœur des spectateurs. Jugée scandaleuse à l'époque, la pièce est devenue un classique de boulevard. Avec des répliques et des personnages cultes qui ne rendent pas la tâche facile à quiconque veut prendre la relève de Thierry Lhermitte, Anémone ou Gérard Jugnot. Alors que la pièce se joue actuellement dans une distribution 100 % belge, Marie-Anne Chazel analyse ce Père Noël increvable.
Comment expliquer cette longévité ?
C'est un mystère ! On a été très surpris du succès quand la pièce a été créée. On l'a jouée pendant trois ans. Puis il y a eu le film, qui n'a pas démarré de façon retentissante car nous n'avions pas le droit de coller les affiches, jugées comme une « atteinte à un mythe enfantin ». C'est vous dire comme les choses ont changé. Mais la pièce a fait boule de neige parmi certains milieux étudiants, lecteurs de Charlie Hebdo et compagnie. Au fil des passages à la télé, la pièce s'est fait connaître. Je crois que, ce que les gens ont aimé, c'est la qualité des dialogues et l'originalité des situations. On était de jeunes acteurs fougueux et notre jeu tentait d'allier la sincérité à la comédie, dans un esprit de troupe où aucun personnage n'est mis en avant. Il y a le ton de la pièce aussi, iconoclaste, provocateur mais jamais méchant. Au début, on voulait un sujet tragique dont on puisse rire. Tout le monde est censé être heureux la nuit de Noël mais cette recherche de bonheur peut être tragique. On s'est amusés comme des fous à l'écrire. Aujourd'hui, je vois des ados de 12 ans voir le film pour la première fois et s'éclater. C'est une énigme !
Vous avez donné les droits de la pièce à l'équipe de Daniel Hanssens. C'est une chose que vous faites facilement ?
Nous n'avons jamais donné d'autorisation en France à des troupes professionnelles, juste à des troupes d'amateurs. Et je sais que certaines scènes sont travaillées dans les écoles de théâtre, des scènes comme celle du formulaire de la sécu ou celle des cadeaux que s'offrent Thérèse et Pierre. A l'étranger, c'est différent. On donne les droits à des compagnies professionnelles. Et puis, en Belgique, on sait que vous avez de très bons acteurs.
Quelles sont les clés de la réussite pour ce « Père Noël » au théâtre ?
La pièce est très écrite, ce n'était pas du tout de l'improvisation sur scène. Il y a de vrais personnages qui doivent être à la fois fous et sincères. Il faut trouver une certaine folie mais ne pas tomber dans la caricature même si les personnages sont extrêmes. Quand on les a écrits, on était très inspirés du cinéma italien et de Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola. Mais avant tout, je pense qu'il faut essayer de s'éloigner de ce qu'on a fait, nous.
Ce n'est pas facile ! Avec les passages réguliers à la télé, les gens sont imprégnés de vos personnages ?
C'est vrai, cela a marqué l'imagination des gens. En France, il y a eu de nombreuses tournées dans les cinémas, par exemple dans des cinés à la plage pour Les Bronzés et à la montagne pour Les bronzés font du ski. Pour Le Père Noël est une ordure, les gens sont venus à la projection déguisés en Père Noël, en Josette, etc. Les gens nous racontaient qu'ils jouaient parfois les scènes chez eux. Et puis, les gens associent ça aux soirées de fêtes. Il y a autour du film une impression de nostalgie, de convivialité aussi parce qu'on le regarde généralement en famille, qu'on le partage entre amis… et ça, c'est très fort.
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