Argan42 Production
La compagnie du comédien Daniel Hanssens
Retrouvez ici toute l'actualité de notre compagnie
Quelques critiques de L'envoûtement.
Deux femmes pour un bureau
La critique de Jean-Marie Wynants dans Le Soir
Lundi 12 octobre 2009, 10:13
Patricia travaille depuis 16 ans dans une grosse société d'organisation de concert. Un boulot auquel elle se consacre corps et âme ne s'accordant que quelques escapades dans un club de gym. C'est là qu'elle rencontre Marylène, Immédiatement, Patricia et Marylène sympathisent. La première invite la seconde à un concert et lui fait rencontrer son patron, Daniel. Moche mais terriblement charismatique, Daniel est comme un dieu pour Patricia. A la grande surprise de celle-ci, Marylène débarque dans son bureau quelques jours plus tard pour lui annoncer qu'elle est engagée pour travailler à ses côtés durant 6 mois.
Trois semaines plus tard, sur ordre de Daniel, transmis par Marylène, Patricia doit libérer son bureau pour permettre à cette dernière de l'occuper… Ce type d'histoire est, hélas !, devenu quasiment banal dans le monde des entreprises. La bonne idée de l'auteur, Jean-Pierre Dopagne, est d'avoir situé cela dans le secteur de la culture où l'on a parfois l'illusion que les choses sont différentes, les rapports plus humains.
La deuxième bonne idée ne peut être racontée sans dévoiler la fin de la pièce. On pourra juste dire qu'au terme d'un processus d'humiliation absolue, Patricia repartira de plus belle, comme si tout cela ne lui avait rien appris. L'envoûtement montre également que l'omnipotent patron, qu'on ne verra jamais, est finalement un paravent idéal pour trahir ses proches avec une facilité déconcertante. « C'est une décision de Daniel », se défend constamment Marylène.
On reste plus mitigé sur la crédibilité du travail dans cette boîte de production et sur les rapports d'amitié entre les deux femmes. Tout comme on comprend mal pourquoi la mise en scène nous plonge dans un univers visuel aussi terne et gris. Alix Mariaule et Delphine Charlier, trop démonstratives au début, trouvent par contre leurs marques petit à petit et finissent par rendre leurs personnages à la fois crédibles et interpellants.
Jusqu'au 31 octobre au Petit théâtre Mercelis, Sur Plaisir d'Offrir L'Envoûtement Peinture
réaliste d’un milieu dur et impitoyable où chacun n’est qu’une proie
facile, L’Envoûtement décrit parfaitement l’engrenage manipulatoire qui
fait d’une femme épanouie une épave, d’une timide une battante, d’une
stressée une suicidaire, … Dans
un décor sobre, fait de quelques tables, Pascal Racan signe une mise en
scène rapide, qui colle au mieux avec les dialogues au cordeau ou les
monologues intimistes de J-P Dopagne. Dans La Libre, Philip Tirard Depuis les trois représentations
spadoises au Britannique, "L’Envoûtement" a pris de l’assurance. Alix
Mariaule et Delphine Charlier s’y affrontent dans la mise en scène de
Pascal Racan. Car c’est bien d’un affrontement qu’il s’agit, même si la
pièce commence par un coup de foudre amical entre les deux
protagonistes, lors d’une rencontre fortuite dans une salle de fitness. Très vite
leur amitié amène la seconde à entrer dans l’entreprise de concerts où
travaille la première, sous la direction d’un charismatique patron.
Bientôt la nouvelle arrivée supplante son amie et devient la favorite
du boss. Comme Godot, ce dernier reste invisible, mais tire assurément
les ficelles depuis les coulisses Dans cette satire grinçante,
vive et bien enlevée, Dopagne met en accusation la manipulation et le
harcèlement psychologique tels qu’ils peuvent se pratiquer dans
certaines entreprises. Il y faut de la finesse dans l’interprétation, à
cause de la rapide alternance de scènes dialoguées et de brefs
monologues intérieurs. Delphine Charlier et Alix Mariaule
parviennent à rendre la profonde cruauté d’un univers qui se veut tous
sourires et plénitude de faire ce qu’on aime. Si la musique est le
fonds de commerce de la société où elles travaillent, l’harmonie n’y
règne qu’en apparence. Une terrible pression s’exerce sur
les personnes, mettant en péril leur intégrité et bafouant leur dignité. La pièce
n’a pas la portée philosophique des "Fines bouches" ou la profondeur
psychologiques du "Vieil homme rangé". Mais elle touche à un vrai
travers - hélas totalement d’actualité, de sorte que le rire se fige
par moments - d’une société où la course au profit et au
succès instrumentalise l’être, justifiant les moyens par la fin, dans
une dangereuse résurgence du machiavélisme
Mis en ligne le 08/10/2009
Drame du travail, L’Envoûtement de Jean-Pierre Dopagne est bien dans l’air du temps.
En
cette période de restructuration et autres remaniements de
crise, chacun se trouve confronté peu ou prou à ce que vivent nos
deux héroïnes.
Patricia (Alix Mariaule) travaille depuis 16 ans dans la même boîte.
A l’aise dans son job, avec un patron compréhensif, la jeune femme marie sans problème boulot et vie de famille.
Mieux même, elle s’y épanouit littéralement.
Elle se lie d’amitié avec Marylène (Delphine Charlier) et lui faire partager ses passions.
Après une rencontre avec son employeur, celle-ci est également engagée dans la société organisatrice de concerts.
Après les joies des retrouvailles, le drame va surgir.
Telle
l’Arlésienne, leur directeur favorise la dernière venue et petit à
petit relègue Patricia à des fonctions vaguement utilitaires dans
un débarras bruyant. Marylène, elle, est sans cesse encensée et file de promotion en promotion.
Son étude psychologique est assez complexe et présente le harcèlement sous plusieurs facettes.
Si
on peut reprocher certains raccourcis ou certaines évidences, la pièce
mérite pourtant le détour rien que pour sa douloureuse actualité.
Reste que cette sobriété est parfois trop dérangeante
Les manipulations perpétuelles des tables, leurs transformations en piano, bureau ou tréteau se révèle fastidieuses à la longue.
Certains gestes ou situations peuvent paraître comme légèrement excessifs.
Mais
au final, l’ensemble tient bien la route et amplifie les propos de J-P
Dopagne pour en faire un véritable plaidoyer contre le
harcèlement moral.
En sortant de la salle de spectacle, le sujet de
discussion sur toutes les lèvres est cette dénonciation des abus et des
dérives d’une certaine hiérarchie.
Et là, quelles que soient nos petites réticences, on ne peut que constater que L’Envoûtement marque positivement les esprits.
Mis en ligne le 07/10/2009
Manip à tous les étages
Après l'enseignement et la famille, J-P Dopagne pose son regard sur l'entreprise.
Révélé
par le Festival de Spa en 1994 avec "L’Enseigneur", le Namurois
Jean-Pierre Dopagne y a vu la création mondiale de son huitième texte
en août dernier. Coproduit par le Festival avec Argan 42, la structure
fondée par Daniel Hanssens, "L’Envoûtement" se donne en ce moment au
Théâtre Mercelis où nous sommes allé le revoir. Signalons au passage
qu’Argan 42 présente non moins de six productions cette saison, dont la
reprise de "Ladies Night" (notamment au Cirque royal) et une nouvelle
mise en scène du "Père Noël est une ordure" qui sera au Centre culturel
d’Uccle pendant les fêtes.
Laisser un commentaire
Voir les commentaires
RESERVATIONS
070 75 42 42
|
|