Ladies Night : on tombe le haut !

Nos meilleurs acteurs se la jouent à la Full Monty . Hot, et drôlissime ! (La dernière heure, le 26 octobre)

 "A poil ? En string ? Ils ne vont quand même pas le faire ?" Voilà le discours qu'on peut entendre lors d'une représentation de Ladies Night, la pièce qui a directement inspiré The Full Monty. Aux manettes de cette version belgo-belge ? Daniel Hanssens. Sous ses ordres ? Georges Lini, Eric De Staercke, Michel Hynderickx, Rosalia Cuevas, Pierre Pigeolet, Bruce Ellison, Frederik Haugness, Philippe Resimont,... Ni plus, ni moins. La crème de la crème.



"Et surtout, une belle bande de malades, s'élance Philippe Résimont. Daniel (NdlR : Hanssens) a dit que durant toute sa carrière, il n'avait jamais vu ça." Et c'est vrai que sur les planches, la bande forme un sacré joli tableau.

Le film avait tellement cartonné qu'en refaire le topo peut sembler inutile. Néanmoins, pour ceux qui sont en délicatesse avec la planète cinéma : l'histoire est celle d'une bande de potes, fauchés, au chômage et soit célibataires, soit en bisbrouille avec leurs femmes. Un projet un peu barge leur vient alors en tête pour récolter les billets verts : monter un show à la Chippendales.

Qu'importe leurs bedaines bien marquées, leurs mollets ramollis et leurs faciès à mille lieues d'un George Clooney. Gag. "Mais ce n'est pas juste une grosse blague. Avant le show final où on tombe le haut, il y a une heure trente de jeu. Avec des questions importantes comme l'estime de soi, le chômage, l'image que l'on donne à ses enfants,..." précise Philippe Résimont.

Et niveau pudeur ? "Même si l'on joue dans le plus simple appareil, on garde toujours le costume d'acteur". Ladies Night , pièce actuelle, drôle, sans prétention et au casting doré fait en tout cas un véritable carton : "Peut-être parce qu'elle tombe à pic !"



Ladies Night
Sur Scène - Théâtre (Zone 02)

Pour ne pas être tous des Apollon, ces messieurs qui s’effeuillent sur scène n’en sont pas moins de fabuleux comédiens

Dans une ville ouvrière du Nord, une bande de copains, six chômeurs en fin de droit, se lance un défi: faire un strip-tease comme les Chippendales, pour «gagner de la tune», épater les filles et se prouver qu’ils sont encore capables d’exister au-delà de leur détresse sociale, familiale et morale. Ils sortiront le grand jeu grâce à Glenda, ex danseuse, qui les soutiendra et les mènera au show final! Empreint d’humour et de dérision, de dialogues toniques et populaires, Ladies Night est un très gros succès du théâtre


Notre opinion

Voilà un spectacle qui avec une promo s’appuyant sur la plastique à nu des comédiens et une référence au film culte Full Monty encore dans pas mal de mémoires, attire à lui son lot de chalands. Dans la salle, un public plus large que les seuls amateurs de théâtre: il y a aussi de vrais mateurs de chair fraîche. Allons droit au but d’emblée, sans fausse pudeur: oui, mesdames, mesdemoiselles, et surtout mesdames, ça finit bien par un strip-tease intégral! Non, messieurs les censeurs, il n’y a point d’atteinte aux bons mœurs: la magie du spectacle a ses secrets pour ne pas sombrer dans la vulgaire offense… Pour ne pas être tous des Apollon, ces messieurs qui s’effeuillent sur scène n’en sont pas moins de fabuleux comédiens venant de famille de théâtre très diverses. Jugez plutôt la belle brochette d’acteurs qu’on plutôt eu tendance à voir bien vêtu jusqu’à présent: Georges Lini, Eric de Staercke, Michel Hinderyckx, Frederik Haùgness, Philippe Résimont, Pierre Pigeolet et Bruce Ellison. Mais Ladies Night c’est évidemment plus qu’un déshabillage orchestré: le fond de la pièce traite de la misère sociale qui sévit toujours quelque part dans un coin de grande ville. En Grande-Bretagne ou en Belgique. Le chômage touche quasi tout le monde dans ce quartier localisé, pour les besoins de cette production, à Bruxelles. Les habitués désoeuvrés d’un stamp café imaginent, autour d’un bon verre de Primus, à devenir les Chippendales locaux. Pour le plus grand plaisir des dames du coin. L’affaire n’a pourtant rien d’évident et les garçons pourront compter, pour la bonne réussite de leur reconversion professionnelle sur les conseils avisés d’une “danseuse“ habituée à l’exercice (Rosalia Cuevas). Si l’histoire et les acteurs qui la porte tiennent, pour le moins, la route, la pièce manque un poil de liant pour être totalement passionnante. D’autant qu’on connaît la fin… A noter encore qu’entre 2 répliques, le placement de produit fait son apparition dans le monde théâtral: une marque de pils belge bien connue sponsorise le spectacle vivant.



Critique

Ils en ont sous la ceinture !

Catherine Makereel dans le Soir
Samedi 11 octobre 2008



Sept comédiens déballent tout le paquet… d’énergie!  La totale de « Ladies Night » va cartonner.


Est-ce le réchauffement climatique ou le strip-tease de ces messieurs ? Toujours est-il que la température est montée de plusieurs degrés dans la salle du Pathé Palace mardi soir pour la première de Ladies Night, la pièce qui inspira le film The Full Monty. Sans faire durer le suspense plus longtemps, et puisque c’est là le clou du spectacle, disons-le tout net : oui, ils ont osé ! Avec une aisance qu’on ne leur soupçonnait pas, Georges Lini, Eric De Staercke, Michel Hinderycks, Frederik Haugness, Philippe Résimont, Pierre Pigeolet et Bruce Ellison ont déchaîné le public – surtout les filles – dans un savoureux numéro de flics en chaleur. Même la casquette a valsé !

Pourtant, ce qui nous a séduit, ce n’est pas tant leur talent de Chippendales, mais la sincérité et la bonhomie de leur jeu tout au long de la pièce. Touchants de ringardise et joyeusement ridicules de machisme, les comédiens font honneur à la bande de « losers » rendus mythiques par Robert Carlyle et compagnie à l’écran.

Apprendre à s’effeuiller

Se basant sur la pièce d’origine, Ladies Night, Daniel Hanssens met en scène cette histoire de chômeurs à la reconversion plutôt inattendue en s’attachant à leur personnalité plutôt qu’à leurs fesses. Dans un décor de café démodé, on fait connaissance avec la bande. Il y a Georges, la pile électrique qui cherche à se faire de l’argent pour payer la pension alimentaire et revoir son fils. Il y a Eric, le complexé du groupe, amoureux de sa femme et angoissé par une mécanique érectile trop performante. Philippe, le fan de rock, sentimental caché sous des dehors de macho étouffé par une épouse nymphomane. Fred, le timide, terrorisé par les filles. Bruce, le fêlé de la bande, blessé dans son amour-propre parce que sa mère et ses sœurs doivent le nourrir. Pierre, pour qui les Chippendales sont des « tapettes » mais qui finira par se joindre à l’aventure. Et Mimiche, le barman qui va leur prêter sa salle, les financer et les présenter à Glenda (Rosalia Cuevas), ancienne danseuse qui saura les mener à la baguette pour leur apprendre à s’effeuiller.

Les décors mobiles nous entraînent du bar au minuscule appart de Georges, du gymnase au rideau de paillettes qui s’ouvrira sur nos mâles. Si les dialogues paraissent lourds et grossiers au début, ils laissent bientôt percer la fragilité de ces êtres. De leur maladresse naissent de nombreuses scènes hilarantes, entre l’arrivée des huissiers lorsque les gars s’entraînent à se mettre en caleçon et les premiers pas de danse de ces hommes empotés. Au final, le très divertissant Ladies Night nous change des Bourses déprimées !




Critique

Ladies Night
Tout nus et tout bronzés ?


Muriel Hublet Sur Plaisir d'offrir le 9 octobre 2008


Où sommes-nous ? Peu importe.

Ils sont nombreux ces petits coins de Belgique où l’usine a fermé, où s’est retrouvé sans emploi et sans avenir plus d’une génération d’hommes.
A la Capac, en fin de droits, dépendants du CPAS, coincés entre Bobonne qui râle de devoir faire bouillir la marmite et le gamin qui veut une console Wii, difficile d’avoir encore un peu de amour-propre.
Désoeuvrés, démoralisés, leur fierté dans les chaussettes, que leur reste-t-il ?
Le bistrot de Mimich, les copains, la complicité autour d’un verre de bière et … la frime.
Chacun essaie de cacher sa détresse sous des allures de matamore.
Mais entre un fils qu’on ne peut plus voir, un taf au noir, une épouse à qui on arrive quasi plus à faire l’amour, orgueil viril et  mâle prestance se transforment très vite en honte, épaules voûtées et air de chien battu.

Au détour d’une nouvelle et vaine plongée dans les offres d’emploi, le passage dans leur ville des Chippendales leur donne l’idée d’un pari fou.
Faire la même chose, à leur échelle, dans l’arrière-salle du bistrot.
Impossible ?  Que nenni !
Mais … à quel prix ?

Devenir strip-teaseur, même  pour un soir, il faut oser et  avoir vraiment la gnac. Ils ont entre 30 et 50 ans, ne sont plus des Apollons.
Ventres dodus, poignées d’amour et confortables bourrelets ont, chez beaucoup, remplacés, les émoustillantes tablettes de chocolat et les solides biscoteaux.
Des affriolants Chippendales aux prolos Metallo Boys, il y a tout un monde.

Voilà donc le challenge doublé.
En plus d’oser enlever le dernier rempart, l’habit protecteur, le képi salvateur, ces six copains affrontent une totale remise en question de leur apparence physique, de leurs performances et de leur capacité à encore séduire.
Tous suintent le drame, la déchéance morale, l’alcoolisme, les problèmes financiers, les envies de suicide, l’incompréhension, le sentiment d’inutilité.
Même pour le fun, les spectatrices se pousseront-elles au portillon s’ils ne parviennent pas à offrir leurs un peu de rêve, de magie et d’illusion, dans un quotidien très sombre ?

Ladies Night est une pièce connue qui a eu également les honneurs du cinéma avec le film Full Monty.

Souvent joué dans des théâtres locaux, le spectacle déboule sur Bruxelles et espère bien tourner dans toute la Wallonie.

La casquette de metteur en scène solidement vissée sur la tête, Daniel Hanssens a choisi des comédiens réputés.
Gageure, folie ou clairvoyance ?
Les habitués des grandes scènes risquent d’être étonnés de voir ainsi leurs acteurs fétiches sans guère d’inhibitions (visibles).

Si les dernières minutes valent leur pesant d’ambiance, d’amusement, de rires, de cris (féminins) et de sifflements, découvrir les talents de chauffeur de salle de Michel Hynderickx, le jeu de jambes de Philippe Résimont, la pugnacité de Georges Lini aux abdominaux, la crête jaune et l’accent de Bruce Ellison, le visage rieur de Frederik Haùgness, les bouderies de Pierre Pigeolet, le côté attendrissant nounours d’Éric de Staercke et la poigne de fer de Rosalia Cuevas méritent eux aussi le détour.

Ladies Night entremêle harmonieusement l’humour, la tendresse, les considérations réalistes sur la vie actuelle au théâtre, à la danse et au strip-tease.
Daniel Hanssens et sa petite troupe lui ont insufflé une pointe supplémentaire de folie et de délire.
Solidement ancré dans le réalisme et sa cruauté, le dialogue est vif et moderne.
Mais derrière la difficulté physique de certains rôles, le naturel est tel que les comédiens paraissent s’amuser et être réellement une bande de potes.
Cette sensation ajoutée au désopilant de la pièce, aux instants gags et à ce zeste d’extravagance qui semble flotter dans l’air font de Ladies Night une bonne soirée à passer… en bonne compagnie.




« Ladies Night », à Bruxelles et à Namur
Par Catherine Makereel, Le Soir, 1er octobre 2008.

Une bande de potes au chômage se transforment en Chippendales.
Sept comédiens se la jouent Full Monty.

Vont le faire ? Vont pas le faire ? Ce qui est sûr, c'est que les places aux premiers rangs vont s'arracher comme des petits pains pour Ladies Night, la pièce qui inspira The Full Monty au cinéma. Au-delà des corps virils de nos comédiens belges, le spectacle recèle d'autres atouts de taille. Dont la présence aux manettes de Daniel Hanssens, grand habitué des versions théâtrales de succès télévisés : on lui doit notamment la mise en scène des mémorables Dîner de cons et La Cage aux Folles.

Aujourd'hui, cet artiste hyperkinétique – le soir, il joue dans Hygiène de l'assassin au Public – met en scène une comédie de renommée internationale. Et il suffit d'assister aux répétitions pour comprendre que ce Ladies Night ne devrait pas faire chavirer que les dames.

Alors que retentit le « Hot Stuff » de Donna Summer, voilà que le pied de Georges Lini se met à battre la cadence, que le genou d'Eric de Staercke gigote, que Philippe Résimont laisse échapper un déhanchement communicatif, pour finir dans une chorégraphie des plus sexy. Impossible alors d'éviter un sourire ou de battre du pied à son tour. On aura reconnu la scène des apprentis stripteaseurs dans la file des pointeurs au chômage, même si elle est transposée ici dans un bar. « La pièce diffère un peu du film, précise le metteur en scène. Mais on retrouve la même intrigue, que nous avons adaptée au contexte belge, avec l'Orbem, le CPAS et le café de quartier comme on en trouve dans la banlieue de Bruxelles. »

L'histoire est connue. Dans une ville ouvrière, une bande de copains se lance un défi : faire un strip-tease pour « gagner de la thune » et se prouver qu'ils sont encore capables d'exister. Qui dit strip-tease dit voyeurisme ; l'affiche joue d'ailleurs là-dessus.

Nombreux sont ceux qui viendront voir avant tout six hommes se mettre à nu, et c'est justement là que Daniel Hanssens veut surprendre : « Si on joue ça uniquement sur le strip-tease, on se plante. La nudité n'est pas le propos. Ce sont avant tout des paumés qui veulent s'en sortir. Ils sont à bout, ne savent plus payer leurs traites, craignent que leur femme les quitte. Se mettre à nu sera pour eux comme une nouvelle naissance, une manière de se refaire une place dans la société. A l'heure où le taux de chômage ne cesse de grimper, cette pièce est terriblement actuelle. »

Pour son casting de rêve, Daniel Hanssens a fait appel à des familles théâtrales très différentes, de Pierre Pigeolet, abonné aux Galeries, à Georges Lini, meneur du Zone Urbaine Théâtre.

« On était tout courbaturés »

Même Philippe Résimont, encore dans le plâtre cet été suite à une chute alors qu'il jouait Le Bossu à Villers-la-Ville, a accéléré sa rééducation pour pouvoir rejoindre la bande. Il n'aurait manqué ça pour rien au monde. Et aujourd'hui, ses collègues le placent numéro 1 pour ce qui est du rythme dans la peau. C'est que chaque jour, entraînés par Bruce Ellison, les comédiens peaufinent leur « choré ».

« A la fin des premiers entraînements, on était tout courbaturés ; on aurait dit la scène du film », se souvient Michel Hinderyckx. « On s'est beaucoup servi de nos propres expériences, renchérit le metteur en scène. Le théâtre est un milieu précaire, et on a tous vécu l'humiliation des files du chômage. Et puis, en mars, pour faire l'affiche, j'ai dû leur dire : “Allez les gars, à poil !” Ils ne pouvaient plus reculer, exactement comme dans la pièce ! »




Ils font la totale dans Ladies Night
Par Fanny Guillaume dans Vers l'Avenir, le 3 octobre

Ils sont sept. Un peu paumés, au chômage et presque sans le sou. Ensemble, ils se lancent dans l'aventure du strip-tease pour sortir de la galère.

On a tous en tête ce strip-tease complètement surréaliste d'ouvriers anglais dans Full Monty sur un air de Joe Cocker. Une scène d'anthologie que l'on revivra sur la scène du Pathé Palace de Bruxelles grâce à l'adaptation de Ladies Night, la pièce qui a inspiré le film, par Daniel Hanssens. L'histoire de sept copains un peu paumés qui n'ont plus beaucoup de solutions pour s'en sortir et qui, chacun pour des raisons différentes, vont se lancer dans une aventure rocambolesque qui les mènera au nu intégral.

«Cette histoire de strip-tease n'est finalement qu'un prétexte pour s'intéresser au parcours de ces sept gars, explique Daniel Hanssens. Ce qui est intéressant chez eux, c'est qu'ils sont à bout, complètement acculés et qu'ils doivent trouver une solution pour s'en sortir. L'un d'eux va lâcher cette idée de spectacle de strip-tease sous forme de blague et tous vont s'y accrocher comme à une bouée de sauvetage.» L'aventure de ces types pourrait d'ailleurs arriver à n'importe qui. Le chômage, une situation familiale qui bascule et c'est toute une vie qu'il faut réorganiser. «À l'heure actuelle, ce genre de situation difficile arrive de plus en plus souvent, poursuit le metteur en scène. Pour accentuer cet aspect-là, j'ai transposé l'histoire dans une banlieue de Bruxelles ou de Charleroi. Certaines scènes se déroulent dans un petit café comme on en connaît tous...»

Une mise à nu qui sonne comme une renaissance pour chacun. «Bizarrement, en se mettant à poil, ils vont retrouver une certaine dignité. Même s'ils sont complètement angoissés à l'idée de se dévoiler de la sorte.» Et cette angoisse, les comédiens ont également dû y faire face. «C'est bien simple c'est la première question que je leur ai posée lorsque je leur ai proposé la pièce. Et quand on s'est tous vu pour la première fois pour réaliser les photos de l'affiche, je leur ai dit : «Allez les gars, maintenant, tous à poil!». Et comme les personnages de la pièce, ils n'ont pas pu reculer et toute l'angoisse s'est envolée.»

Pour incarner cette bande de bras cassés, Daniel Hanssens a fait appel à différentes têtes bien connues du théâtre belge. Éric De Staercke, Michel Hinderyckx, Pierre Pigeolet, Bruce Ellison, Philippe Résimont, Georges Lini et Frédérik Haugness assurent le show et peuvent compter sur Rosalia Cuevas, la seule femme du casting pour donner le rythme. «C'est une des différences avec le film «Full Monty». Rosalia joue le rôle de Glenda, une ancienne danseuse qui a dû mettre un terme à sa carrière pour cause de blessure et à laquelle cette joyeuse troupe va faire appel pour leur apprendre à danser en rythme.»

Mais sur la scène du Palace, c'est Bruce Ellison qui s'est chargé de cette lourde tâche. «Ça n'a pas été facile mais j'ai créé des petits mouvements que tout le monde peut arriver à faire facilement, confie Bruce Ellison. J'aime bien ce genre de challenge. Quand je vois qu'il y en a qui ont du mal à réussir un mouvement, je ne chipote pas, je le change.»

Toutes les ladies pourront découvrir ce spectacle bourré d'humour dès le 6 octobre au Pathé Palace (jusqu'au 18 octobre et du 4 au 13 novembre).

La troupe déménagera ensuite au Wolubilis du 21 au 26 octobre avant de se produire au Théâtre royal de Namur (les 28 octobre et 1er novembre) et au centre culturel d'Uccle (les 14 et 15 novembre).




Le buzz du moment côté théâtre: Ladies night,

L’esprit “Full Monty” débarque !

Dans La Tribune de Bruxelles, Elodie Weymeels

Ladies’ Night a inspiré le formidable film “The Full Monty” autour d’un groupe d’amis chômeurs en perdition qui vont décider de devenir des Chippendales. Daniel Hanssens met en scène cette pièce avec des comédiens qui ont le feu ! A partir du 6 octobre.

C’est le buzz du moment. Quand une équipe de comédiens joue une bande de chômeurs qui veulent devenir un groupe de Chippendales, il y a de l’ambiance dans l’air !
Ladies’ Night, c’est la pièce d’Anthony Mc Carten, Stephen Sinclair et Jacques Collard qui inspira le film “The Full Monty”. Bien sûr, la pièce a sa vie propre mais on devrait retrouver cette atmosphère entre “analyse sociale” et humour à se tordre qu’on pouvait trouver dans “The Full Monty”.
L’histoire. Dans une ville ouvrière, une bande de copains, chômeurs en fin de droits qui rament (dans leur vie professionnelle comme personnelle) se lancent dans un challenge : faire un strip-tease, le “Grand Jeu” à la Chippendales, pour se faire des sous, épater les filles et surtout se prouver qu’ils existent…
La distribution. La pièce est adaptée à la Belgique et Daniel Hanssens a sorti son “grand jeu” à lui en réunissant sept comédiens d’expérience mais d’horizons différents qui n’ont pas hésité une seule seconde. Une seule femme sur scène (et pas n’importe laquelle !) : Rosalia Cuevas qui incarne une ancienne danseuse qui les aidera à aller jusqu’au bout.

Eric de Staercke

Eric, c’est le bouboule de l’histoire. Cet homme-là n’est pas à l’aise avec son corps… Un rien lui provoque une érection alors, pensez… une foule de femmes en délire et sa femme qui plus est ! D’un autre côté, il est tellement désespéré, il a tellement envie de montrer
à celle-ci qu’il peut arriver à quelque chose dans la vie qu’il se lance dans l’aventure.Sa scène de prédilection : Quand il s’ouvre de son “problème” auprès d’un de ses potes, celui-ci lui conseille de penser à des choses basiques genre moteur… ou chasse et pêche. “Et là mon personnage hausse les épaules. Quoi, même ça ?, lui répond l’autre. Oui… Mais attention, c’est médical, je réponds gêné.”
 
Bruce Ellison

Le fêlé du groupe, c’est Bruce. S’il avait un peu d’argent,
il serait en forme mais là, il a surtout sa place au bar et
une brioche en pleine croissance.
Bruce Ellison, lui, comédien et chorégraphe s’est occupé de la chorégraphie de “Ladies’ Night”. “Il y a du boulot mais j’ai l’habitude de faire danser les foules lors de bals populaires alors ces six-là, vous pensez ! Et puis j’ai des trucs et astuces pour les aider mais globalement, ils sont à fond dans leur personnage quand ils dansent !La scène qui me reste en tête ? Lorsque Glenda nous demande de faire des pompes… C’est vraiment physique, on arrive à peine à dix, c’est crevant !”
 
Daniel Hanssens

“Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !”, s’exclame-t-il en riant. Daniel Hanssens, le metteur en scène de cette pièce n’en est pourtant pas à son coup d’essai mais il a rarement connu une telle ambiance durant les répétitions. “Il y a une cohésion extraordinaire, un esprit et une compréhension totale de ce dont parle la pièce. Car au-delà de la partie “strip” qu’il a fallu apprivoiser,
la pièce a une dimension sociale et humaine très forte. Ils ont tous perdu leurs repères, ils sont tous en quête… de respect d’eux-mêmes et d’une identité pour se raccrocher à la société. Leur démarche est finalement très intime… Mais qu’est-ce qu’on rit !”

Georges Lini

Georges Lini, ce serait Gaz (Robert Carlisle) dans le film : le meneur qui va lancer l’idée en riant puis se dire qu’après tout… pourquoi pas ?
Le comédien n’a pas revu le film pour ne pas se laisser influencer. Ce qui le marque dans “Ladies’Night” c’est que “dans les rires énormes qu’elle suscite, c’est une pièce profonde. On a tous ressenti qu’en dessous de ces scènes de danse désopilantes, il y a une détresse et par là une motivation extrême de ces hommes. J’aime l’atmosphère des pièces anglo-saxonnes comme celle-ci, où l’aspect social se mêle à un humour déconcertant.”
 
Michel Hinderyckx

Voici Mimiche, le barman, celui qui va aider à réaliser le rêve de ses potes.
“Je leur prête une salle, j’achète les costumes et finalement, je les rejoins, convaincu par leur démarche. Il y a un souffle d’énergie terrible dans cette histoire qui se passe dans une région industrielle dévastée où plus rien ne se passe. Destination naufrage… Et là un jour, Georges a un projet. Il y croit tellement, il a une telle force de persuasion, il donne tellement d’énergie que chacun ne peut plus que dire “oui”. Je trouve ça beau cette reconquête de soi, Cette scène marque l’avant et l’après…”

Philippe Résimont

Phil, c’est le fan de rock genre Iron Maiden qui a de gros problèmes de couple : sa femme étant plutôt nymphomane. Mais il l’adore alors qu’elle le considère comme un minable. Alors se joindre au groupe, pour lui, c’est aller au bout d’une idée pour une fois et du même coup retrouver de la fierté… plus que la fortune d’ailleurs.
“La scène qui me secoue c’est quand Bruce lui avoue qu’il se sent sale de faire ce qu’il fait alors que son père et son grand-père étaient, eux, mineurs.
Un travail difficile mais qu’ils faisaient avec cœur pour nourrir la famille…”
“On les a en nous ces personnages, on doit être 100 % sincère pour jouer cette pièce. Ce qui ne nous empêche pas d’être dans une ambiance “vestiaire de foot” durant les répétitions parfois et c’est assez… extraordinaire !”

Frédérik Haugness

Fred est le timide de l’équipe, celui qui habite chez maman, par choix ou par dépit de ne se trouver personne, on ne sait pas trop…
“La scène qui me marque le plus, c’est celle où notre petite équipe regarde la célèbre audition de “Flashdance”. Nos personnages se disent qu’ils vont trouver là ce qu’ils doivent faire… Il y a de tels silences, de tels échanges de regards durant cette scène ! C’est le moment où ces bonhommes vont se dire que ça n’est finalement pas si facile de faire le chippendale…
J’aime cette pièce pour son côté tellement humain : ces six-là, ce sont moins des chômeurs que des hommes qui vont peu à peu se retrouver une identité grâce à un boulot, quel qu’il soit finalement.”

Pierre Pigeolet

Pierre va hésiter longuement à se glisser dans l’aventure. “Dans
la pièce, mon personnage ne comprend pas ce qui les pousse vers ça, il n’est pas pris dans le mouvement, c’est une question d’orgueil pour lui. Complètement rejeté et seul, il va ouvrir les yeux sur le but de ce projet : retrouver une vie sociale normale, s’en sortir ensemble… Et Pierre se mettra à danser sous les ordres de Glenda, comme ses autres potes !”“Jouer cette pièce, c’est un bonheur de comédien total. Elle est intelligente, drôle, poignante… Et on forme une bande comme cela se passe rarement au théâtre. Quel plaisir fou !”


L'histoire de nos chômeurs s'essayant au strip-tease a fait le tour du monde. Certains s'en sont même disputé un temps la parternité. C'est ainsi que la pièce n'a pas le même titre que le film...
Au bout du compte, il reste une formidable histoire qui aura même inspiré une comédie musicale.





Le tournage du clip de promotion en mars 2008 a eu lieu à Wolublis.
Voici quelques images de cette belle partie de plaisir.