
Une jeune
femme, vingt-quatre
ans et demi, nous explique son sentiment d’être comme déplacée, d’avoir
manqué d’amour, car sa mère a connu une grande déception en ne
l’entendant parler qu’à trois ans et demi. L’attente et l’espoir
immenses que les parents forment à l’égard de leur progéniture
s’expliquent très facilement : si l’on croit à la réincarnation,
l’enfant ne constitue qu’un «produit recyclé» de la merveilleuse
personne décédée. La femme qui est partie la nuit de sa naissance,
c’est... Dalida. Normal que les parents aient été déçus !
Cette
sensation de ne pas être à la hauteur, de manquer de légitimité,
d’effacement, se retrouve de manière symbolique dans sa relation avec
les hommes. Quand, par exemple, son deuxième petit ami parle à sa place,
alors qu’elle ne bouge que les lèvres et ne s’exprime plus par
elle-même. Le message est alors clair mais énoncé délicatement : assez
du machisme envahissant, laissons parler les femmes.